Pour comprendre pourquoi les options sont devenues l'outil financier le plus négocié de la planète, il faut remonter — bien plus loin qu'on ne le pense. 2 600 ans d'histoire, en sept étapes claires.
Le philosophe grec, prévoyant une excellente récolte d'olives, verse une avance modique aux propriétaires de pressoirs pour s'arroger le droit (mais pas l'obligation) de les utiliser à la haute saison. La récolte est massive ; il loue les pressoirs au prix fort. Aristote raconte cet épisode dans La Politique. C'est, dans la littérature occidentale, le premier exemple documenté de ce qu'on appellera 2 500 ans plus tard une option d'achat.
À Amsterdam, en pleine bulle des tulipes, marchands et planteurs s'échangent des contrats sur des bulbes pas encore récoltés. Beaucoup de ces contrats sont en réalité des options, qui permettent de fixer un prix sans s'engager à l'achat. La bulle éclate en 1637, mais l'idée d'un produit financier conditionnel est désormais ancrée.
Pendant un siècle et demi, les options s'échangent dans les officines, sans standardisation. Les prix sont négociés, les contre-parties variables, les défauts fréquents. C'est l'âge des spéculateurs — et la raison pour laquelle, aujourd'hui encore, les options souffrent d'une mauvaise réputation auprès du grand public francophone.
Le Chicago Board Options Exchange ouvre ses portes le 26 avril 1973. Pour la première fois, les options sont standardisées : mêmes échéances, mêmes tailles de contrats, même chambre de compensation. Le 911 contrats échangés ce jour-là devient des dizaines de millions par jour aujourd'hui. La même année, Black, Scholes et Merton publient leur formule de valorisation — qui leur vaudra le Nobel d'économie en 1997.
Jusqu'ici, on ne pouvait acheter qu'un droit d'acheter. À partir de 1977, le CBOE introduit les options de vente (puts), ouvrant la porte aux stratégies de couverture. C'est le moment où les institutionnels comprennent que les options ne sont plus seulement spéculatives — elles deviennent défensives.
Avec l'informatisation des marchés, les spreads se resserrent, la liquidité explose. Les courtiers en ligne (Interactive Brokers, TD Ameritrade, plus tard DEGIRO et Saxo) ouvrent l'accès aux particuliers européens. Pour la première fois, un investisseur français avec 10 000 € peut négocier les mêmes options qu'un fonds new-yorkais.
En 2024, plus de 12 milliards de contrats d'options ont été échangés sur les seuls marchés américains — un record historique. Pendant ce temps, en France, l'instrument reste largement absent des programmes d'éducation financière grand public. C'est précisément là qu'Option et Liberté intervient.
Une option permet de figer un prix de vente ou d'achat. Un agriculteur peut garantir le prix de sa récolte ; un investisseur peut protéger son portefeuille contre une baisse. C'est, historiquement, la première fonction des options.
En vendant une option, on encaisse une prime — comme une compagnie d'assurance qui touche une cotisation. Cette mécanique est devenue, ces 20 dernières années, l'usage majoritaire chez les institutionnels. C'est ce que nous enseignons.
Les options permettent d'exposer un capital limité à des mouvements importants — pour le meilleur comme pour le pire. C'est la fonction la plus médiatisée, et la plus mal utilisée par les particuliers. Notre approche l'évite délibérément.
Un contrat qui donne le droit (jamais l'obligation) d'acheter un actif à un prix fixé d'avance, avant une date donnée.
Le miroir : un contrat qui donne le droit de vendre un actif à un prix fixé d'avance, avant une date donnée.
Le prix de l'option elle-même. C'est ce que l'acheteur paie, et ce que le vendeur encaisse. Toute la mécanique se joue là.
Le prix auquel l'option pourra être exercée. Choisir le strike, c'est choisir son scénario.
La date à laquelle l'option expire. Les échéances mensuelles dominent ; les hebdomadaires existent aussi.
L'actif sur lequel porte l'option. Pour un investisseur particulier, ce sont le plus souvent des actions ou des ETF cotés.
Notre ebook « Comprendre les Options » développe chacun de ces concepts, avec des exemples chiffrés et des cas concrets.
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